dimanche, juillet 3, 2022

La Finlande demande à rejoindre l’Otan, la Suède pourrait suivre rapidement

C’est une conséquence directe de la guerre en Ukraine et un tournant géopolitique majeur : Helsinki a fait savoir jeudi 12 mai qu’elle souhaitait adhérer à l’Alliance atlantique. Stockholm pourrait lui emboîter le pas dimanche.

L’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan) pourrait bientôt accueillir deux nouveaux membres, la Finlande et la Suède, qui sont en passe d’annoncer leur candidature“, introduit France info. “Le communiqué est bref, le bouleversement géopolitique énorme. En quelques phrases, le président finlandais Sauli Niinistö et la Première ministre Sanna Marin ont soutenu la perspective d’une adhésion à l’Otan“, jeudi 12 mai, poursuivent Les Echos.

Comme le rappelle le journal économique, les dirigeants finlandais ont en effet “apporté leur soutien à une entrée [de leur pays] dans l’Otan” à la suite de l’agression russe en Ukraine, et “la Suède devrait suivre dimanche“.

Helsinki veut une adhésion à l’Otan “sans délai

Alors que “le pays nordique devrait annoncer sa décision finale dans ‘les prochains jours’, selon un communiqué commun de la présidence finlandaise et des services de la Première ministre“, M. Niinistö et Mme Marin ont indiqué vouloir une adhésion “sans délai” à l’Alliance atlantique [Euronews].

Le choix de la Finlande qui “partage 1300 kilomètres de frontière avec la Russie” [France 24] n’a pas tardé à faire réagir à Moscou. Jeudi 12 mai, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a ainsi déclaré qu’une adhésion de l’Etat scandinave à l’Otan “serait ‘assurément’ une menace pour la Russie” [Ouest-France]. La guerre en Ukraine résulte en un “grand retour de flamme” pour Moscou, analyse Politico.

Car la décision d’Helsinki, “qui possède l’une des armées les mieux équipées et les plus avancées du monde” reflète “une grave erreur stratégique du président russe Vladimir Poutine qui redéfinira l’équilibre sécuritaire en Europe“, ajoute le média. Amélie Zima, chercheuse associée à l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire (Irsem) et spécialiste de l’Alliance atlantique, explique en effet pour France info que “l’adhésion de la Suède et de la Finlande à l’Otan ferait de la mer Baltique une sorte de ‘lac Otan’, car elle ne serait bordée que par des pays membres, à l’exception de la Russie“.

En plus d’allonger la frontière de l’Otan avec la Russie, la Finlande “apporte dans son escarcelle 280 000 soldats ainsi que 300 000 réservistes dûment entraînés” [Les Echos]. Et l’Alliance atlantique pourrait vite en bénéficier puisque, selon le secrétaire général de l’organisation Jens Stoltenberg, “le processus d’adhésion de la Finlande se ferait ‘sans heurts’ et rapidement“, rapporte Euronews.

La fin de la doctrine de la neutralité et du non-alignement

Historiquement, la Finlande a vécu pendant très longtemps sous un statut de neutralité“, rappelle François Heisbourg, conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique, dans les colonnes du quotidien Ouest-France. L’expert des questions géopolitiques souligne qu’à la fin des années 1940, l’Union soviétique avait obtenu “que ce pays soit strictement neutre“.

Pour Helsinki, l’intégration à l’Otan représente donc “la fin de la doctrine de la neutralité et du non-alignement“, “après des décennies à l’écart des alliances militaires“, commente Euronews. Le ministère russe des Affaires étrangères s’est empressé de dénoncer un “changement de doctrine radical“, tout en déclarant que la Russie se préparait à mettre œuvre des mesures “militaro-techniques“, sans donner plus de précisions pour l’instant [France 24].

En Finlande, l’opinion publique “a beaucoup évolué sur ce sujet, avec un dernier sondage Yle où 76 % des personnes interrogées se disent favorables à ce changement de politique étrangère“, font savoir Les Echos. Une tendance “que l’on retrouve en Suède“, notamment parce que l’invasion de l’Ukraine représente “le pire conflit en Europe depuis le début du XXIe siècle“, abonde la chercheuse Amélie Zima [France info].

En comptant la Finlande et la Suède, “il y aura 23 sur 27 Etats membres de l’UE dans l’Otan (sauf Malte, Chypre, l’Autriche et l’Irlande). […] Avec la crise actuelle en Ukraine, on s’aperçoit aussi que l’Otan et l’Union européenne travaillent ensemble, dans une forme de complémentarité et non plus dans une forme d’opposition“, analyse François Heisbourg [Ouest-France]. En tout cas, “les dirigeants de l’Otan devraient accueillir chaleureusement les demandes d’adhésion de la Finlande et de la Suède lors d’un sommet qui se tiendra à Madrid en juin” [Politico].

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